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"ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles."


Boccone introduit ses lettres par la citation de Sénèque : « non quia difficilia sunt, non audemus, sed quia non audemus, difficilia sunt », ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. En 1698, le célèbre naturaliste anglais, John Ray (fondateur de l’histoire naturelle moderne) fait l’éloge de l’ouvrage du fameux botaniste du Grand Duc de Toscane dans un article des Philosophical Transactions : « Dans cet ouvrage, Don Paolo Boccone nous donne une vaste collection de plantes rares, dont la plupart sont nouvelles ou non décrites, curieusement gravées en 130 plaques différentes, qu’il divise en décades, dédiant chaque décade à un noble vénitien ». John Ray explique qu’il n’y a pas de méthode particulière de classement des espèces ni de descriptions réellement détaillées, car, comme l’explique Boccone lui-même, cet ouvrage n’est pas destiné « aux novices ».

Le séjour de Boccone en Corse dut être assez étalé, d’une part du fait même qu’il y décrit un grand nombre d’espèces et d’autre part, puisqu’il décrit aussi bien des espèces récoltées à Sagone que sur le plateau du Coscione.

Le mode de vie Corse... 


Cet ouvrage est extrêmement important et intéressant car il contient de nombreuses anecdotes sur le mode de vie des Corses à cette période ainsi que de nombreuses références à l’utilisation des plantes. C’est un véritable essai ethnobotanique qui fut réalisé par cet éminent botaniste. De fait, certains passages révèlent ainsi l’utilisation des plantes par les insulaires, notamment comme plantes médicinales, car Boccone interroge la population, notables, bergers, agriculteurs. Il y consigne notamment les trois espèces d’aulnes de Corse, qui lui ont été montré par les villageois et les bergers et qui poussent toutes en montagne. A travers l’utilisation des aulnes, Boccone admire aussi ce qu’il qualifie d’art tinctorial, pratiqué par les femmes corses avec différentes essences. Il écrit que « les femmes corses sont douées par leur dextérité et leur extraordinaire capacité à teindre le lin en bleu avec l’écorce de racine d’aulne (Alnus montana) ».
 

Le séjour de Boccone en Corse dut être assez étalé